Téléphone
+33 1 84 80 81 15
Email
contact@beyond-avocats.com
Horaires
Lun - Ven : 09:00-19:00
Nous contacter

Échapper à la majoration de 10 % pour retard de paiement grâce à la force majeure

Force majeure : une porte de sortie face à la majoration de 10 % pour retard de paiement

Analyse de la décision du Conseil d’État, 7 mai 2025, n° 495329

1. Contexte – l’article 1730 CGI et la pénalité de 10 %

Tout retard dans le paiement de l’impôt sur le revenu (et des prélèvements assimilés) entraîne, de plein droit, une majoration de 10 % (art. 1730 CGI). Ni le texte ni l’instruction fiscale n’ouvrent d’exonération expresse ; il appartient donc au juge d’en définir les éventuelles causes d’exonération. 

2. L’arrêt du 7 mai 2025 : ce qu’il faut retenir

Le Conseil d’État franchit une étape :

  • Principe : le contribuable peut utilement invoquer la force majeure pour obtenir la décharge de la majoration de 10 % lorsque le retard de paiement lui est imputable à un évènement irrésistible, imprévisible et extérieur.
  • Application au cas d’espèce : la saisie, par le juge pénal, des avoirs étrangers du requérant ne suffit pas : il n’a pas démontré l’impossibilité absolue de mobiliser d’autres actifs pour payer l’impôt. 

3. Les trois critères de la force majeure

CritèreExigenceIllustration par l’arrêt
ExtérioritéL’évènement doit échapper au contrôle du contribuable.Saisie judiciaire ordonnée dans le cadre d’une information pour blanchiment.
ImprévisibilitéL’évènement ne pouvait être raisonnablement anticipé.Mise en examen et saisie conservatoire prononcées plusieurs années avant la mise en recouvrement : le contribuable devait composer avec cette contrainte.
IrrésistibilitéAucune solution raisonnable ne permettait de s’exécuter à temps.Le CE estime que le requérant n’a pas prouvé qu’il ne disposait d’aucune autre ressource mobilisable.

4. Rapprochement avec la jurisprudence « déclarations tardives »

Le Conseil d’État admettait déjà la force majeure pour échapper aux pénalités de déclaration en retard (CE, 29 juil. 1998, n° 172 669)  . La décision du 7 mai 2025 prolonge cette logique au contentieux du recouvrement.

5. Bonnes pratiques pour invoquer la force majeure

  1. Documenter l’obstacle Rassembler toutes les pièces : décisions de saisie, attestations bancaires, comptes de trésorerie, échanges avec les autorités, etc.
  2. Prouver l’absence de solution de rechange Fournir un inventaire patrimonial démontrant l’impossibilité d’utiliser d’autres liquidités ou d’obtenir un financement relais.
  3. Agir sans délai Déposer une demande de mainlevée ou d’aménagement du paiement dès que l’empêchement survient ; l’inertie affaiblit l’argument d’irrésistibilité.
  4. Déposer une réclamation contentieuse motivée Dans les délais de l’article R.190-1 LPF, en exposant précisément les faits et les trois critères de la force majeure.

6. Points clés à retenir

  • La force majeure est désormais recevable pour contester la majoration de 10 % prévue à l’article 1730 CGI.
  • La charge de la preuve pèse intégralement sur le contribuable ; un simple obstacle ponctuel ne suffit pas.
  • L’argument doit être anticipé et solidement étayé ; faute de démonstration convaincante, la pénalité subsiste.

Besoin d’un accompagnement ?

Related Posts

Recent Articles

Le maître de l’affaire en contrôle fiscal
29 juillet 2025

Text Widget

Nulla vitae elit libero, a pharetra augue. Nulla vitae elit libero, a pharetra augue. Nulla vitae elit libero, a pharetra augue. Donec sed odio dui. Etiam porta sem malesuada.